
DR BLOOD COFFIN 1959
Sidney J. Furie fait parti de ces réalisateurs comme Henry Cass ou Arthur Crabtree qui durant leur carrière cinématographique ont réalisé un chef d'œuvre dans le domaine du cinéma fantastique. C’est le cas avec Sidney J. Furie (23 Février 1933) qui débute au cinéma en 1959 en réalisant deux films : “A dangerous game” et “Cool sound from hell”).

“Le cadavre qui tue” (titre distribué en Belgique en1961 où il collabore à l’écriture du scénario avec Peter Miller et James Kelly, deux auteurs qui se spécialisent par la suite dans l’univers du petit écran de 1963 à 1969. Le script de “Dr blood coffin” est alléchant dans la mesure où il est à l’image du feuilleton “Columbo”, car on sait au début du film qui est l’auteur des disparitions des habitants de ce petit village de Cornouailles. Le héros, véritable émule du docteur Frankenstein, a l'obsession de redonner la vie artificielle et possède une haute estime de soi même et est prêt à tout pour parvenir à ses fins.

L’action du film ne se déroule pas comme à l’accoutumée dans un vieux château perdu dans la forêt, mais dans ce bled où les autochtones se retrouvent dans le laboratoire du docteur Blood deviennent des zombies ! Aveuglé par une ambition démesurée, personnage vaniteux et égocentrique, Peter Blood a été renvoyé de l’université pour ses pratiques illicites ! Il revient dans son village natal à Porthcaron où son père Roger Blood officie en tant que médecin local. Peter a installé son laboratoire dans l’une de ses nombreuses galeries qui peuplent l’ancienne mine, bardées par d’innombrables passages dont lui seul en connaît les ouvertures. Il se sert de curare qui paralyse les nerfs moteurs de ses victimes d'un homme mort afin de prélever le cœur qu’il transplante dans le corps de ses victimes ! Véritable dément, il vole du matériel dans le cabinet de son père et par la suite, il parviendra à faire revivre le cadavre du mari de l’infirmière qui s’est éprise de lui ! Mais dame morale ne laissera pas les noirs dessins du diabolique docteur se concrétiser et fera retourner l’ignoble zombie contre son créateur!

Pour incarner le Docteur Blood, la production engage l’acteur irlandais Kieron Moore (5 Octobre 1925 - 25 Juillet 2007). De son vrai nom Kieron O’Hamrahan, il débute au théâtre de Dublin avant d’apparaître au cinéma dans le film de Leslie Arliss : “Un homme dans la maison”. Malgré une large contribution à oeuvrer dans le cinéma britannique, Kieron Moore apparaîtra dans des films français comme : “Anna Karina” (1968) de Julien Duvivier et”Maria Chapelin” (1950) et “Mademoiselle et son revenant” (1952, tous deux de Marc Allégret.

Sa carrière cinématographique s'orientera vers le polar : “Le crime ne paie pas” de John Gilling en 1953, “Hold-up à Londres” de Basil Dearden (1960), “Le jour où l’on dévalisa la banque d’Angleterre” de John Guillermin (1960), “Choc en retour” de Robert Stephens en 1961 et “Arabesque” de Stanley Donen (1966). Il fera une apparition dans le western “L’attaque dura 7 jours” (1964), “Le fils d’un hors la loi” (1967), “Custer homme de l’Ouest” (1966), la science fiction avec “Le jour des triffids” (1962) de Steve Bakely., “Quand la terre d’entrouvrira” (1965). Mais son rôle le plus marquant sera celui de Peter Blood qui rejoindra l’acropole des savants fous. A travers cette terreur palpable qui règne dans l’histoire, demeurent toujours quelques onces de séduction et d’attirance représentées par la pulpeuse , la starlette de service, je nommerai l'actrice Hazel Court dans le rôle de Linda Parker. Décidément notre dulcinée qui venait d’être terrorisée par la créature du Baron Frankenstein dans “Frankenstein s’est échappé (1957) de Terence Fisher et des griffes du scientifique démiurge le docteur Bonnet : “L’homme qui trompait la mort” (1959) de Terence Fisher, la voici face à une des plus horribles réalités : revoir son mari revenir d’entre les morts dans un final des plus terrifiants !

Hazel Court par la suite jouera sous la direction de Roger Corman dans “L’enterré vivant” (1962), “Le corbeau” (1963) et “Le masque de la mort rouge” (1964).
En 1961, Sidney J. Furie mettra en scène un autre film fantastique peu connu : “The snake woman” dans lequel un docteur soigne son épouse malade à l’aide du venin de serpent ! Quelques mois après, elle accouche d’une fille qui plus tard se transformera en un reptile !

“Dr blood coffin” reste un excellent film d’horreur bien ficelé nanti d’un scénario nerveux superbement photographié et desservi par un casting solide. Tourné en décors naturels, il permet d’apprécier les magnifiques paysages de la Cornouailles. Malgré un final assez surprenant, le film ne connut pas le succès escompté. La faute en incombe à quelques distributeurs qui auraient diffusé le film tardivement. Seuls quelques pays bénéficièrent d’une projection dans des salles. En ce qui concerna la France, on ne verra aucune distribution dans le circuit, sauf une diffusion sur la chaîne privée Cinéma durant les années 90. D’après certains dires, il paraît que Nathan Juran aurait écrit le scénario avant de l’avoir vendu à Sidney J. Furie qui l’aurait légèrement transformé par la suite…


trailer
extrait du film








