Cinéma Britannique

LE CIRQUE DES HORREURS

Le cirque a toujours été à mes yeux un monde fascinant où à travers des relents de barbe à papa, de gaufre et de sucre d'orge, la fascination du spectacle restait immuable dans ma mémoire. Alors que les projecteurs s'allumaient et que le rideau rouge s'ouvrait, le tout bercé par la sonorité percutante des cuivres, voici que le monde réel s'effaçait pour laisser place à l'insolite,

par monstres_de_la_nuit@hotmail.fr
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Le cirque a toujours été à mes yeux un monde fascinant où à travers des relents de barbe à papa, de gaufre et de sucre d'orge, la fascination du spectacle restait immuable dans ma mémoire. Alors que les projecteurs s'allumaient et que le rideau rouge s'ouvrait, le tout bercé par la sonorité percutante des cuivres, voici que le monde réel s'effaçait pour laisser place à l'insolite, le bizarre et parfois la peur ! C'est le cas de ce "Cirque des horreurs" où, à chaque fois que je l'ai visionné, je me suis retrouvé tel un voyageur du temps à l'époque de mon enfance. Considérée comme l'un des plus beaux fleurons du cinéma fantastique anglais, l'œuvre doit sa réussite à toute une équipe associée à la performance des acteurs !

Premièrement je citerai l'extravagante mise en scène de Sidney Hayers (24 août 1910 - 8 février 2000), il entre dans l'univers du 7ᵉ art en 1948 comme monteur, script boy, preneur de son, caméraman, assistant réalisateur avant de devenir metteur en scène en 1958 avec "Violent Moment". Reconnu pour être un réalisateur assidu du petit écran : "Chapeau melon et bottes de cuir", "Amicalement vôtre", "Le club des cinq", "Magnum", "Hocker", "Agence tous risques", il se spécialise dans le film policier "Violence en sous-sol" (1971) avec Joan Collins, "Meurtre à haute tension" (1971) avec Suzy Kendall, "Mortelle rencontre" (1975) avec Sterling Hyaden. Il réalisera un autre film fantastique : "Burn witch, burn" en 1962 avec Peter Wyngarde.

Trailer anglais

Le scénario du "Cirque des horreurs" est imaginé par Georges Baxt (11 juin 1923 - 28 juin 2003) qui, installé à Londres depuis 1957, écrit de sa plume quelques scénarios pour des films d'épouvante de série B. Il aurait participé au script de "La revanche de Frankenstein" (1958) malgré que son nom n'apparaisse pas au générique. Ici, Georges Baxt écrit une histoire mêlant le fantastique avec le policier (thème qui lui tient à cœur). Sa richesse dans l'histoire est d'amener le spectateur dans le monde magique du cirque où excelle un chirurgien recherché par la police. Le docteur Rossiter, qui a changé son nom en Bernard Schuller, a l'obsession de recréer la beauté sur des sujets atrocement défigurés (des femmes peu recommandables) qu'il convertit en vedettes de spectacles. Pour incarner cet éminent chirurgien, la production choisit l'acteur Anton Diffring qui venait d'incarner le baron Frankenstein dans l'épisode pilote "Tales of Frankenstein" et le docteur Bonnet dans "L'homme qui trompait la mort" de Terence Fisher en 1959.

Anton Diffring 20 octobre 1916 - 19 mai 1989

photo collection eric escofier

photo collection eric escofier

Dans ce cirque maudit, il est devenu, grâce à un moyen peu louable (il fait assassiner par un ours l'ancien propriétaire du cirque), ce directeur despotique qui n'hésitera pas à exercer sur ses vedettes des méthodes pas très orthodoxes, en passant par le chantage et la mort ! Véritable Pygmalion, il est devenu l'amant de toutes ces "belles du cirque" dont la plupart connaîtront un sort peu enviable !

Anton Diffring se surpasse dans ce rôle de chirurgien mégalo dont la fin sera égale à sa hauteur… En 1972, je le rencontrais par hasard au col de Villefranche-sur-Mer où il était en train d'admirer la rade de Nice (il aimait beaucoup la Côte d'Azur). C'était au mois de janvier et il portait un long manteau noir, un chapeau à large bord et fumait avec un porte-cigarette. Personnage très sympathique et avenant, j'ai eu le grand bonheur de converser avec lui durant quelques instants. Voici ce qu'il me dit : "Le fil fantastique n'était pas ma tasse de thé. Je préférais de loin les films de guerre. J'avais accepté de tourner dans le film de Terence Fisher : "L'homme qui trompait la mort" afin de faire plaisir aux dirigeants de la Hammer Films, car j'avais participé au tournage de "Tales of Frankenstein". Pour ce qui est du "Cirque des horreurs", je l'ai tourné parce que le casting comprenait un florilège d'actrices, les unes plus belles que les autres, et puis le rôle m'amusait, mais c'était vraiment alimentaire"!

Dans ce superbe film, Anton Diffring est entouré par ces "belles du cirque" qui ne sont que : Yvonne Monlaur (15 décembre 1935 à Pau - 18 avril 2017 à Paris), née Yvonne Beudat de Monlaur, fille d'un noble russe et d'une mère française qui exerçait la profession de danseuse. Elle sera remarquée par le réalisateur André Hunebelle alors qu'elle faisait la une pour le magazine "Elle" . Il lui donne un tout petit rôle dans "13 à table" en 1955 puis dans "Les collégiennes" en 1957. Une toute petite apparition dans le film de Maurice Regamey "Honoré de Marseille" en 1957. C'est grâce au film "Le cirque des horreurs" que Michael Carreras la choisira pour le film de Terence Fisher "Les maîtresses de Dracula" en 1960. Suivra après l'excellent "Terror of Tongs" d'Anthony Bushell avec C. Lee. Ici elle incarne Nicole Vanet la fille de l'ancien propriétaire du cirque '(Donald Pleasence) qui aura le visage remodelé par Anton Diffring.

YVONNE MONLAUIR

Autre pin-up, je nommerai Erika Remberg qui joue le rôle d'Elisa Caron, l'ambitieuse équilibriste ancienne prostituée meurtrière, dont le visage disgracieux disparaîtra grâce aux mains expertes du docteur Rossiter. Née Erika Crobath (15 février 1932 - 10 novembre 2017) en Indonésie, elle est la fille d'un planteur de tabac. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle émigre en Autriche et suit une scolarité au lycée d'Innsbruck avant d'entrer dans le 7ᵉ art qu'elle aborde à l'âge de 18 ans dans le film de Rudolph Schudler : "Les luthiers de Mittenwald". Méconnue en France, elle acquerra une certaine notoriété en Allemagne. Elle est l'épouse de Sidny Hayers.

photo collection eric escofier

photo collection eric escofier

ERIKA REMBERG

Dans le registre femme pulpeuse, l'époustouflante Yvonne Romain dans le rôle de Mélina dont le visage a été vitriolé. Future égérie de la Hammer Films, elle sera la dernière conquête de Rossiter avant de mourir sous les griffes d'un lion. Née à Londres le 17 février 1938, Yvonne Warren se prédestine à devenir religieuse, mais au dernier moment, les étoiles du cinéma (heureusement) lui ouvrent une porte et elle débute à la télévision sous son vrai nom dans les séries : "Les Aventures de Lancelot", "Les Boucaniers", "Composez le 999". Au cinéma : "La maison des 7 secrets" (1956), "Les 7 tonnerres" (1957), Mais c'est auprès de la Hammer Films qu'elle laissera cette image de femme provocante au buste altier dans "La nuit du loup-garou" (1960) de Terence Fisher , "Le fascinant Capitaine Clegg" de Peter Graham Scott en 1962 et le "Brigand de Kandaar" (1965) de John Gilling.

YVONNE ROMAIN

Dans ce superbe film, Anton Diffring est entouré de deux personnages importants et complémentaires qui jouent un rôle important et décisif dans le déroulement de l'histoire. Tout d'abord Angéla campée par Jane Hylton (15 juillet 1927 - 28 février 1989) qui à l'âge de 18 ans apparaît dans "A Girl in a Million" de Francis Searle où elle incarne une infirmière. Elle sera engagée par Gainsborough Studios et Ealing Studios où elle décrochera des rôles dans des comédies légères. Le "Cirque des horreurs" restera son unique film fantastique où elle obtient un rôle de premier plan. A la fois assistante et petite amie du docteur Rossiter, Angela est la parfaite femme soumise et contrainte à supporter les railleries et les tromperies du chirurgien qui convole ses égéries sans aucune retenue. Mais sa rancœur et sa haine envers ce dernier la pousseront à élaborer une terrible vengeance.

JANE HYLTON

Le second protagoniste est Martin, le frère d'Angela qui est l'exécuteur des hautes œuvres chargé de réduire au silence les actrices désirant quitter le cirque. Ses assassinats sont joliment camouflés en morts accidentelles. Martin est l'homme faible, terrorisé par Rossiter qui l'a transformé en meurtrier. Désabusé, dégoûté, il se rangera du côté de sa sœur afin de mettre un terme aux agissements de son employeur. C'est l'acteur Kenneth Griffith (12 octobre 1921 - 15 juin 2006), acteur et réalisateur de documentaires, il débute au cinéma en 1941 dans "La femme du fermier".

KENNETH GRIFFITH

Le film fut tourné avec l'extraordinaire participation du cirque Billy Smart Circus de Beconsfield. A travers la photographie criarde de Douglas Slocombe, le film baigne dans une sublime musique composée par Muir Matheson et Frank Reiznstein dans laquelle vient s'ajouter ce mélodique rock slox : "Look for a star" chanté par Toni Hatch.

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Le scénariste Georges Baxt écrira par la suite d'autres scénarios dans le domaine de la terreur : "City of death" de John Moxley avec C. Lee en 1960, "Le Spectre du chat" de John Gilling en 1962, "Le Cirque des vampires" de Robert Young et "La Tour du diable" de Jim O'Connoly en 1972.

LA SEQUENCE DU SPECTATEU

45 tour de l'époque

"Look for a star"


ERIC ESCOFIER




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