FRANKENSTEIN 1970
En 1958, les Etats Unis endurent une crise cinématographique dans l’univers du fantastique. Le Royaume Uni est en plein effervescence avec le déferlement des .....

En 1958, les Etats Unis endurant une crise cinématographique dans l’univers du fantastique. Le Royaume Uni est en plein effervescence avec le déferlement des productions de la Hammer Films. De leurs côtés, les ricains qui avaient trouvé un nouveau produit en plaçant des monstres dans un contexte moderne avec la série des “I was a teenage”, s’étaient aperçus que les bénéfices n’étaient pas au dessus de leurs espérances ! Il fallait un regain, une résurgence qui allait prendre forme en mettant à l’affiche le retour du grand Boris Karloff dans une nouvelle aventure du monstre de Frankenstein ! On fait appel à un réalisateur : Howard W. Koch (11 avril 1916 - 10 février 2002) qui avait débuté aux studios de l’Universal comme livreur puis comme bibliothécaire à la 20th Century Fox. Puis il se lance dans la production des films de série B dans le genre horreur avec “Les monstres se révoltent”(1956), “Pharaoh’s curse” (1957), “Voodoo island” (1957), le western : “Les tambours de la guerre” (1957), “Le fort de la révolte” (1957), “4 du Texas” (1963). Le polar également : ‘Hell bound” (1957, “Un crime dans la tête” (1962). Par la suite il passe à la réalisation en signant un excellent polar : “Le bouclier du crime” (1953) et “La rafale de la dernière chance” en 1959.
TRAILER AMERICAIN
Collection Eric escofier
Howard W. Koch engage deux scénaristes afin qu’ils puissent concocter une histoire aussi délirante digne des bons films de l’Universal ! Le premier n’est autre que Richard Landau auteur du script de Quatermass Experiment” de Val Guest (1955). Le deuxième est Georges Worthing Yates plus connu pour être l’auteur des scénarios de “Les soucoupes volantes attaquent”, “Les monstres attaquent la ville” et et “La conquête de l’espace”. Avec un budget de cent mille dollars, le film est tourné en 8 jours dans les studios de la Warner Bross<. Boris Karloff incarne le baron Von Victor Frankenstein qui a survécu aux expérimentations sadiques des nazis sur les êtres humains durant la seconde guerre mondiale. Son visage porte une large cicatrice et il garde en lui les souffrances endurées durant cette triste période ! Il est néanmoins le dernier descendant des Frankenstein dont l’ambition est de continuer l'œuvre inachevée de son arrière- grand-père. Une fois de plus il désire créer l’être parfait! Pour celà, il se sert des membres d’une équipe cinématographique venus sur ses terres afin de tourner un film d’horreur !
A travers un cinémascope en noir et blanc, Boris Karloff joue le maître de cérémonie dont l’interprétation ne manque pas d’une certaine candeur. Il incarne un personnage cynique, sournois, à l'intonation mielleuse et s’octroyant quelques moments de répits en jouant de l’orgue ! On n’oubliera pas certes, cette fabuleuse séquence où il monologue sur les travaux maudits de ses ancêtres !








Une énorme publicité tapageuse fut crée autour de Karloff bien que celui-ci ne voulait plus tourner dans un “Frankenstein”. Ici, il se contente de jouer un docteur fou comme dans la “Maison de Frankenstein” d’Erle C. Kenton en 1944 . Au départ le film devait s’intituler “Frankenstein 1960” mais la production pensa que ce n’était pas crédible pour l’époque surtout lorsqu’on insérait dans le scénario l’apport d’un réacteur atomique. En France il fut distribué sous un titre totalement inapproprié : “Frankenstein contre l’homme invisible”. Le début du film est tout à fait dans l’ambiance des vieux films de l’Universal où une jeune fille est poursuivie à travers les brumes qui entourent un marquage par un monstre aux mains griffues dont on ne voit que le torse ! L'œuvre rend hommage à la “Revanche de Frankenstein” de Terence Fisher où au final le docteur devient sa propre créature parfaite ! Le film fut qualifié de mortellement loufoque et d’une mise en scène peu convaincante, dénuée de toute action où Karloff joue d’une façon caricaturale ! La bande fut vendue définitivement à l’Allied Artists pour une somme de deux cent cinquante mille dollars.
Extrait du film
Cöté casting on ajouta à Boris Karloff la présence d’un acteur populaire de l’époque : Donald Barry d’Acosta. De son vrai nom Milton Poimboeuf (11 janvier 1912 - 17 juillet 1980) il fut surnommé Red après être apparu dans des nombreuses aventures du cowboy Red Ryder. Acteur spécialisé dans le western et ami de Mickey Rooney, il fut pour ce film imposé par l’Allied Artists. Dans le rôle de la créature, c’est Mike Lane (6 février 1933 -1er juin 2015). Il mesurait plus de deux mètres pour un poids de 125 kilos. Il débute comme catcheur dans un cirque, puis en tant que lutteur professionnel sous le nom de Tarzan Mike. Découvert par la Columbia, il fit ses premières armes au cinéma dans “They harder they fall”. Il joua le rôle d’Ulysse dans “Ulysse contre Hercule” en 1962 et fut le docteur Frank N. Stein dans “Monster Squad”. Sa prestation dans le rôle de la créature ne fut pas une réussite et il ressemble à une momie sortie tout droit d’une machine à laver et c’est bien dommage car c’est Gordon Bau spécialiste du maquillage nous offrant ici, une pitoyable créature !
Dans la presse on pouvait lire dans “Satellite” N°21 septembre 1959 : “La véritable trouvaille de ce film consiste à escamoter complètement le problème du monstre que nous ne verrons jamais, sinon sous la forme d’une momie hésitante coiffée d’un assemblage de bandelettes qui lui donnent un côté robot des plus délicieux effets ! Pauvre Frankenstein, pauvre Boris Karloff, pauvres spectateurs:”
Dans le “Variety” : “Un bon film d’horreur nous montrant un Karloff affublé d’un maquillage qui ressemble à une sorte d'Edimbourg défiguré accomplissant un travail sérieux et accompli. La distribution qui compte essentiellement des professionnels du genre est un peu assombrie par la participation de Tom Duggan et d’Irving Berke vedettes de la télévision californienne qui occupent ici des rôles importants ! Ils ne s’en tirent pas mal mais n’atteignent pas la classe d’un Karloff ! Le travail du caméraman est sensible et plein de souplesse. Les décors constituent un atout majeur et contribuent à la crédibilité du film. Le titre soit disant en passant ne veut rien dire!”
ERIC ESCOFIER
Articles similaires

HOUSE OF WAX
En 1932 la Warner Bross produit son premier film bicolore : “Masques de Cire” qu’elle distribue aux U.S.A. sous le titre de : “Mystery of the wax museum”. Le scénario écrit...

VOODOO ISLAND
Réalisateur autrichien, Réginald Leborg (11 décembre 1902 à Vienne - 25 Mars 1989 à Los Angeles) nous a donné quelques belles lettres de noblesse dans le dom...

ABBOTT AND COSTELLO MEET FRANKENSTEIN
ABBOTT AND COSTELLO MEET FRANKENSTEIN