Cinéma Américain

HOUSE OF WAX

En 1932 la Warner Bross produit son premier film bicolore : “Masques de Cire” qu’elle distribue aux U.S.A. sous le titre de : “Mystery of the wax museum”. Le scénario écrit...

par monstres_de_la_nuit@hotmail.fr
Affiche américaine


En 1932 la Warner Bross produit son premier film bicolore : “Masques de Cire” qu’elle distribue aux U.S.A. sous le titre de : “Mystery of the wax museum”. Le scénario écrit par Don Mullay et Carl Erickson nous amène dans les dédales de la psychose démentielle des amoureux de l’art et de l’esthétisme. Le héros ici est un écorché vif qui croit donner la vie à ses mannequins de cire ! Ce mythe assez troublant fut évoqué en 1923 à l’occasion de “Glory of love” avec Lon Chaney suivi du fameux “Cabinet de cire” de Paul Lénie 1923.

Dans la version de 1932 réalisée par Michael Curtiz, on retrouve le génial Lionel Atwill figure légendaire du cinéma fantastique (La marque du vampire, Le fils de Frankenstein, The vampire bat, Man made monster, Ghost of Frankenstein…) incarnant le sculpteur Yvan Grégor. Cet amoureux de l’art voit son musée de cire périr dans un gigantesque incendie provoqué par un associé cupide ! 12 années plus tard, notre homme ouvre un musée de cire. Infirme, le visage recouvert par un masque qui dissimule son horrible faciès brûlé, Yvan Grégor se sert de cadavre afin de recréer ses anciennes statues notamment celle de Marie Antoinette qui prendra les traits de la belle Fay Wray. Le film est photographié par George Amy qui utilise un technicolor en deux tons : le vert et le marron.  B.O. Skinner, directeur départemental de la censure de l’Ohio ne complimentera pas la Warner en disant ceci :”J’aimerai que ce genre de production soit abandonnée”.

Collection Eric Escofier

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trailer américain


21 ans plus tard, la Warner décide de faire un remake de la version de Michael Curtiz et embauche le réalisateur André de Toth, scénariste, producteur et acteur (15 mai 1912 à Malo -27 Octobre 2002 à Burbank). Lorsqu’il se voit confier le projet de ce film, André de Toth  demande à  ce que le scénario soit écrit par Crane Wilbur (17 novembre 1886 - 18 octobre 1973). Celui-ci avait plusieurs cordes à son arc : scénariste, réalisateur et acteur pour le et le cinéma.  Il fait ses premiers pas au cinéma dans le film “The ghost of Frank Powell”. Il participe à l’écriture des scénarios de “The monster” de Roland West, “The invisible menace” de de John Farrow (1938), “ Chasse au gang” d’André de Toth (1959), “Salomon et la Reine de Saba” ((1959) de King Vidor. En 1959, il réalise “The bat” avec Vincent Price. 

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JEU DES PHOTOS FRANCAIS




Pour “House of Wax”, Crane Wilbur se sert du scénario original du film de M. Curtiz tout en y apportant des retouches dans la distribution des rôles.  De son côté, André de Toth choisit pour incarner Henry Jarrod, l’acteur Vincent Price qui avait débuté en 1938 dans “Service de luxe” de Rowland V. Lee. Derrière lui, plus d’une trentaine de films sous la direction  de James Whale, Joe May, Henry Hattaway, Georges Sidney, Samuel Fuller, Otto Preminger, Henry King… Vincent Price avait déjà versé dans le cinéma fantastique sous les bandages de l’homme invisible dans “Le retour de l’homme invisible” de Joe May en 1940.  Avec “House of Wax, l’acteur va poursuivre une carrière fulgurante dans le domaine de l’horreur. Donc le choix était judicieux car V. Price va être performant. Au début du film, celui-ci nous est dépeint comme un artiste sensible éperdu de la beauté : “Je suis un père très fier de mes enfants”, ce n’est pas le sculpteur qui vous parle, mais son créateur”.  On ne peut que s’émouvoir devant l’amour qu’il porte à sa Marie Antoinette où certains soirs d’après ses dires, il pouvait voir sa poitrine se soulever !  Puis tout va basculer dans l’horreur lorsqu’il se retrouve défiguré à la suite de l’incendie provoqué par son associé désireux de toucher la prime d’incendie ! L’ âme torturée accompagnée par un tantinet de folie, Jarrod va se servir de la morgue locale comme d’un charnier ! Délaissant la beauté, il exploite la laideur à travers des scènes de tortures et des crimes dont les cadavres seront recouverts d’une mince couche de cire ! Pourtant une seule obsession réside : recréer sa nouvelle Marie Antoinette !

EXTRAIT DU FILM


Il réside dans le film des séquences absolument cauchemardesques : l’assassinat de Walter Burke par Jarrod dans son bureau, alors que ce dernier est caché derrière son bureau, l’héroïne poursuivie à travers les ruelles embrumées de New York vêtu d’une cape et d’un chapeau noir tout en se déplaçant d’une démarche claudicante et puis la séquence finale , véritable morceau d’anthologie lorsque son masque de cire se brise en morceaux, laissant apparaître un faciès des plus horrible. L’infortunée Phyllis Kirk tombera évanouie  lors de cette séquence qui sera filmée au début du tournage.

Les premiers coups de manivelle débutent  le 19 Janvier 1953 pour une période de 28 jours avec un budget de 680.000 dollars. Le producteur Jack Warner fut surpris du coût de cette production ! Cette colossale somme fut employée outre le paiement des acteurs et de l’équipe technique à des dépenses diverses. Premièrement la fabrication des mannequins de cire créés par Khaterine Strubergh et sa fille atteignirent la somme de cent cinquante mille dollars par personnage. Deuxièmement, le tournage de l’incendie au début du film nécessita la destruction d’un studio complet ! Troisièmement  l’emploi du procédé Natural Vision qui utilisait une plate-forme comportant deux caméras ayant chacune des objectifs sur 4 pistes. 

Collection Eric escofier

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                                           LE CASTING

Phyllis Kirkegarde  de son vrai nom Phyllis Kirkegarde (18 septembre 1927 - 27 octobre 2000) contracte une polio durant son enfance qui lui laissera une santé fragile. Adolescente, elle apprend le métier d’actrice et prend le prénom de Kirk . Elle fera ses débuts en 1950 avec “Ma vie à moi” de G. Cukor. Suivront “La maîtresse de fer” (1952) de Gordon Douglas, “Chasse au gang”  d’André de Toth en 1959, “Les échappés du néant” (1953)...Elle fera quelques apparitions au petit écran dans “Monsieur et madame détective” et “La quatrième dimension”. Elle incarne ici Sue Ellen dans une prestation sans aucun charisme, un jeu de scène coincé et n'arrête pas sans cesse de rouler des yeux au moindre évènement!

Après avoir été trucidée par Jarrod, elle revient sous les traits de Marie Antoinette : Carolyn Su Baker (28 Avril 1930 - 3 Août 1983. Elle décroche un contrat à Paramount en 1952  et l’année suivante elle épouse le producteur Aaron Speeling et se convertit au judaïsme. Une carrière cinématographique prolifique avec plus d’une soixantaine de films. On retiendra son rôle de Linda la petite amie d’Anthony Quin dans “Le dernier train de Gun Hill” de J. Sturges, Julie Rawling, l’épouse de George Peppard dans “La conquête de l’Ouest”  en 1962 d’ Henry Hathaway. Mais Carolyn Jones c’est surtout le rôle de Mortitia dans le feuilleton “La famille Adams” de 1964 à 1966. Elle décèdera le 3 Août 1983 après avoir été victime d’un cancer du colon qui se propagea au foie et à l’estomac.

Pour le côté masculin, on retrouve l’acteur Paul Picerni (1er décembre 1922 - 12 janvier 2011) connu pour son rôle de l’inspecteur Hobson dans “Les incorruptibles”. Après avoir débuté au cinéma en 1940, on compte une filmographie de plus de 6O films. Il incarne ici, Scott Andrews, le petit amie de Phyllis Kik.

Avant qu’il ne devienne une immense star du cinéma américain, Charles Bronson apparut en 1951 dans “La marine est dans le lac” d’H. Hathaway. De son vrai nom Karol Dionizy Buczynski, il prit le pseudo de Charles Buchinsky. En 1954, il joue un des gangsters dans “Chasse au gang” d’André de Toth. Ce dernier l’engagea pour incarner Ygor pour sa carrure et sa coupe de cheveux en brosse.

Il aurait existé un condensé 120 mètres couleurs sonore édité durant les années70. Je possède la version intégrale super 8mm sonore version italienne dont je vous en présente un extrait eric escofier


                                                              INTERVIEW AVEC VINCENT PRICE

En 1982, lors de son passage au Festival du Film fantastique au Grand Rex organisé par Alain Schlockoff, j'eus l’immense privilège ainsi qu’une joie hors norme de souper avec cette immense star du film d’horreur. Parmi nos multiples conversations, j’abordais le tournage de “L’homme au masque de cire”. “Ce fut pour moi l’un des maquillages le plus élaboré que j’ai eu à porter ! C’était George Bau qui en était le responsable. Je me souviens que deux docteurs supervisaient le maquillage (dont la séance durait plus de 3 heures) afin que mes brûlures soient les plus réalistes possibles! Ce maquillage très douloureux, je devais le porter plus de 10 heures et je ne pouvais me nourrir que de la soupe et des jus de fruits que je prenais dans ma loge ! Le maquillage était si  horrible que j’étais banni de la cafétéria ! Une fois, je voulu pénétrer , la caissière s’évanouit devant mon faciès et tomba à terre ! Pour la fameuse scène où Philly Kirk brise mon visage, Gordon Bau façonna deux masques : un qui représentait mon vrai visage et l’autre celui de  mon visage défiguré ! La séquence de l’incendie au début du film fut réelle. Un trou avait été fait sur le toit afin que les lances des pompiers arrosent la pièce sans gêner pour autant les caméras ! Malheureusement les statues brûlées ne furent jamais remplacées et ce fut bien dommage !  Une anecdote : André de Toth était borgne et ne put voir le film dans son procédé Relief” !

ERIC ESCOFIER

Collection Eric escofier


 

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