Cinéma Italien

LA DANSE MACABRE

Antonio Margheriti n’a que 30 ans lorsqu’il met en scène “La danse macabre”. Il est né le 19 septembre 1930 à Rome (décédé 4 novembre 2002). Après avoir mis en scène un film de science fiction en 1960 : “Le vainqueur de l’espace” suivi de la “Planète des hommes perdus “ en 1961, il se tourne vers le péplum en réalisant : “Les derniers jours d’un empire et “La flèche d’or” en 1962.

par monstres_de_la_nuit@hotmail.fr
AFFICHE BELGE

Antonio Margheriti n’a que 30 ans lorsqu’il met en scène “La danse macabre”. Il est né le 19 septembre 1930 à Rome (décédé 4 novembre 2002). Après avoir mis en scène un film de science fiction en 1960 : “Le vainqueur de l’espace” suivi de la “Planète des hommes perdus “ en 1961, il se tourne vers le péplum en réalisant : “Les derniers jours d’un empire et “La flèche d’or” en 1962. En 1963 il se lance dans le fantastique gothique italien avec “La vierge de Nuremberg” mettant en vedette le duo Rossana Podesta et Georges Rivière. Le film marche bien et se voit confier la réalisation de “La danse macabre”. A l’origine Sergio Corbucci devait en être le metteur en scène. Il vient de tourner dans un superbe château, une comédie loufoque avec l’immense “Toto” : “Il monaco di monza”, dont l’action était censée se dérouler en 1630.  Le producteur Giovanni Addessi lui suggère de tourner un film d’horreur gothique mais Corbucci a d’autres engagements ! G. Addessi lui trouve un remplaçant : A. Marghereti laissant à Corbucci l’occasion d’abandonner le film fantastique pour entrer dans le monde du western européen puisqu’il réalisera un film devenu culte : “Django” avec Franco Nero. Mais néanmoins Corbucci va écrire en collaboration avec Margheriti le scénario de “Danse Macabre”. 

BANDE ANNONCE FRANCAISE

Le scénario nous offre une histoire alléchante où un jeune journaliste désargenté rencontre le célèbre écrivain E. A. Poe en compagnie de Lord Blackwood qui possède un château abandonné en pleine forêt ! Le reporter Alan Foster incrédule, sceptique devant un écrivain exalté qui veut faire croire que ses contes sont la retranscription de phénomènes ayant existé! Le rêve doit faire place à la réalité même si le temps et l’espace appartiennent à une autre dimension ! C’est par défi qu’Alan Foster accepte de passer une nuit dans le château de Lord Blackwood, cette fameuse nuit du 1er novembre où les morts sont censés revenir parmi les vivants ! 

photo collection eric escofier

photo collection eric escofier

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A partir de ce moment, au lieu dit, Alan Foster va franchir la grille du château tout en se frayant un passage entre les tombes ancestrales et les branches des arbres ! Le voici dans  ce sinistre château où il va se retrouver dans un autre monde, à participer à cette danse macabre menée par les morts vivants revenus sur terre le temps d’une nuit ! Il va y rencontrer l'envoûtante Elisabeth Blackwood dont la beauté va faire éclore entre les deux personnages  un amour passionnel, charnel mais morbide au détriment de la jalouse Julia qui cultive un amour saphique envers la sensuelle Elisabeth dans une séquence assez audacieuse pour l’époque !  ! Alan Foster, totalement épris d'Elisabeth ne se doute pas qu’il va être la prochaine victime des fantômes qui, tout comme les vampires, ont besoin d’une nouvelle victime ! Avec la complicité du Docteur Camus, il va assister à un étrange ballet macabre, à une sanglante succession de crimes se succédant  en chaîne sous ses propres yeux, les yeux d’un unique témoin vivant ! 

Collection Eric Escofier

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C’est le cinquième film fantastique que tourne Barbara Steele qui venait de finir le tournage “d’Amour sans lendemain” de Pasquale Festa Campanile. Lorsque je l’avais rencontré en Italie en 1983, elle m’avait fait part qu’à cette époque, elle en avait marre de tourner ce genre de films ! Mais le destin en fit autrement et après avoir accepté de tourner dans “Danse macabre”  suivront encore six autres films dans le domaine du fantastique !   Ici Barbara Steele campe cette morte vivante recluse dans ce château à l’architecture décrépite, où les toiles d’araignées ont envahi les pièces et les escaliers ! Durant cette nuit du 2 novembre elle  va renaître  ces amours passionnés vécus avec son mari, son amant, un palefrenier (incarné par Giovanni Cianfriglia alias Ken Wood crédité ici sous le pseudo de Phil Karson).

Collection eric escofier

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Provocatrice, sensuelle, pleine de désirs ardents, Barbara Steele éclate de sa beauté funeste pour un beau jeune vivant dont elle tentera à la fin du film de lui sauver la vie ! 

Georges Rivière est dans la peau du reporter Alan Foster qui par défi, ne croyant pas qu’il existe une vie après la mort accepte de passer cette nuit des morts dans un château ancestral. Né le 12 juillet 1924, il joue le Marquis de la Tour dans le film de  Sacha Guitry : Le diable boiteux” en 1948. Il s’exile en Argentine où il s'oriente vers le cinéma Bis : “El vampiro negro” en 1953 et autres films d’aventure. Puis il reviendra dans des films de qualité comme : “John Paul Jones de John Farrow, “La passage du Rhin” d’André Cayatte, “Le jeu de la vérité” de Robert Hossein. Un retour au fantastique avec “La vierge de Nuremberg” en 1963 sous la direction de Margheriti qui le prendra pour interpréter Alan Foster dont le jeu de scène est subtil et convaincant ! Admirateur sans borne des romans d’Edgar A. Poe, sa rencontre avec ce dernier le conduira à un florilège de l’horreur à travers cette nuit de la Toussaint, où comme la tradition le veut, les morts reviennent à la vie ! 

Antonio Marghereti au sujet du tournage : "J'ai eu de a chance d' avoir un acteur extraordinaire come George Rivière, qui a ensuite tourné sous ma direction : "La vierge de Nuremberg". J'ai rarement trouvé un acteur techniquement préparé comme lui. Donc un tournage très rapide, intéressant. Barbara Steele était l'une des actrices les plus importante pour ce genre de film. Elle était extraordinaire. Et puis il y a dans ce film qui en ce temps là montrait l'histoire de rapports homosexuels entre deux femmes ! Il m'a donné beaucoup de satisfactions., si bien que dix ans après je l'ai refait avec le titre de "Les fantômes de Hurlevent" avec Michèle Mercier, Anthony Franciosa et Klaus Kinsky. Le film fut moins beau, cependant correct mais en couleurs qui ne favorisa pas ce genre de films. Elle favorise l'horreur pure, mais pas le gothique qui doit être tourné en noir et blanc".

Il y aurait beaucoup à dire sur le film de Margheriti qui signe son alléchante œuvre sous le pseudonyme d’Anthony Dawson. Dans la grande tradition du film gothique italien,  la photographie de Riccardo Pallotini est superbe avec l’emploi du noir et blanc qui sied merveilleusement bien à ce huis clos dont la froidure du scénario nous transpose dans cette demeure abandonnée où la caméra exploite ses moindres recoins éclairés par la présence d’un chandelier où la flamme vacillante fait apparaître  des images hors du temps !  

Collection eric escofier

photo collection eric escofier

 Barbara Steele fascinante, troublante, énigmatique dans son rôle de morte vivante au corps frissonnant, ne pourra pas empêcher le destin de s’accomplir !  Sans doute une de ses meilleures interprétation dans le cinéma gothique transalpin ! A ses côtés, on retrouve l’actrice norvégienne Margaret Robsham qui avait épousé en 1962 l’acteur Ugo Tognazzi dans le rôle de Julia et qui durant le tournage se dispute avec Antonio Margheriti car elle refusait d’embrasser Barbara Steele. En colère, celui-ci lui dit : “Tu n’as qu’à imaginer que c’est Ugo que tu embrasses”.

photo collection eric escofier

photo collection eric escofier

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Une pointe d’érotisme apparaît dans cette oeuvre troublante avec la présence de l’actrice Sylvia Sorrente qui en 1961 était au générique du film de José Bénazéraf : “L’éternité pour toujours” qui ici nous gratifie de sa beauté plastique en nous offrant son opulente poitrine, séquence d'ailleurs qui fut coupée pour la version italienne. Seul le cinéphile français pourra s’en délecter avec sa sortie en France le 14 avril 1965.. Jouant dans un tout autre registre, Benito Stefanelli crédité sous le pseudo de Ben Steff fut acteur, cascadeur et maître d’armes dans le registre du western européen et aussi affublé sous le nom de Benny Reeves (22 septembre 1922 - 1999). Il incarnera la plupart du temps des rôles de méchants : "Pour une poignée de dollars", 100.000 dollars pour Lassiter", "Et pour quelques dollars de plus", "Le bon la brute et le truand", " Colorado", "Wanted", "Texas", "Les derniers jours de la colère", "Viva Django", "La horde des salopards".

Eric Escofier

extrait du film











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