LE MONSTRE DE VENISE
Film culte, film de série “Z” ou film maudit, “Le monstre de Venise” a suscité bien des critiques acerbes ! Il est réalisé par Dino Tavella qui disparut prématurément à l’âge de 49 ans et aura à son actif, un autre film “Una sporca guerra” qu’il mettra en scène la même année. Lorsqu’il réalise “Le monstre de Venise”, distribué en France...

Film culte, film de série “Z” ou film maudit, “Le monstre de Venise” a suscité bien des critiques acerbes ! Il est réalisé par Dino Tavella qui disparut prématurément à l’âge de 49 ans et aura à son actif, un autre film “Una sporca guerra” qu’il mettra en scène la même année. Lorsqu’il réalise “Le monstre de Venise”, distribué en France dans certains circuits sous le titre “Novices libertines”, Tavella est âgé de 45 ans. C’est un ancien écrivain dont on ignore ses ouvrages. “Le monstre de Venise” prend naissance à une époque où le cinéma fantastique italien éclaboussent les salles obscures avec des films de renom, les fleurons de l’esthétique gothique mise en relief par Mario Bava, Margheriti, Freda, Pupillo…Depuis 1960, la terreur transalpine renforcée par un noir et blanc de circonstance, brille fortement par la présence de la grande Barbara Steele.
Classé dans la filmographie du, fantastique italien, “Le monstre de Venise” n’est pas un film à proprement parler gothique et son scénario pourrait s’apparenter avec d’autres oeuvres comme “Le manoir maudit”, “Le monstre aux filles ou “Le monstre au masque” dans la mesure où l’action se situe dans un monde contemporain. Ici point de vampire, de monstre hybride où de sorcière ! L’action se situe de nos jours. Le scénario va être écrit par Dino Tavella et Paolo Lombardo qui écrivit les scénarios de “El Cisco” de Sergio Bergonzelli en 1966, “Capitaines d’aventures” d’Angelo Dorigo (1961), “Un alibi pour mourir” (1962) de Roberto Bianchi Montero et “Furie au Missouri” (1965) d’Alfonso Brescia.
TRAILER AMERICAIN
Nous voici donc en plein cœur de Venise et le spectateur pourra longuement apprécier la Cité des Doges. En effet on voyage en gondole, on se promène en compagnie des pigeons sur la Place St Marc . L’histoire sort de l’ordinaire et ressemble un peu à un “krimi” à la sauce bolognaise avec ce début prometteur où un homme vêtu d’une bure de moine contemple le corps embaumé d’une jeune femme enfermée dans une vitrine. A travers les couloirs sombres d’une crypte, il marche sur un parterre jonché de têtes de mort… Par la suite, de nombreuses touristes vont être enlevées la nuit pour se retrouver dans les griffes du maniaque. Un reporter va mener l’enquête et découvrira lors d’un final assez mouvementé (le meilleur moment du film) qui se cache derrière ce masque mortuaire !
Dino Tavella a mis en scène une œuvre honorable et séduisante au sujet passionnant dont l’idée fut reprise en 1988 par le hollandais Dick Mass dans “Amsterdamned”. En 1962, Alfred Vohrer avait fait une approche avec son film “Le requin harponne Scotland Yard”. L’idée de ce maniaque vêtu d’une combinaison de plongée et armé d’un fusil harpon avait séduit le public germanique ! Ici on reprend le thème et on y ajoute un décor de monastère enfoui
Collection Eric Escofier
Collection Eric escofier
Collection Eric Escofier
sous la ville de Venise, où à travers un dédale de couloirs, surgissent des squelettes de moines… Le héros et on ne saura jamais pourquoi il porte ce curieux déguisement, embaume ses victimes femelles afin de les contempler dans des vitrines ! La police enquête, la police piétine au milieu de cette hécatombe de disparitions où seul un courageux reporter parviendra à résoudre cette terrible énigme. La vamp de service n’est autre que Mauren Lidar Brown qui se fera un régal de crier durant dix minutes poursuivie par le moine fou ! Ce sera son seul et unique film avant de réapparaître au petit écran en 1989 dans la série “Casualy”. Luigi Martocci qui incarne le téméraire journaliste a joué le rôle de Marcellus dans Cléopâtre en 1963 de J. L Mankiewicz.
Dans la bande sonore composée par Marcello Gigante auteur des B.O. de westerns européens comme “Thompson 1880”, “Etranger signe toi (1968) et “Dieu les crée, moi je les tue”, on remarquera un morceau de guitare joué par Jti Janne, crooner de l’époque très vite disparu de la circulation qui interprète au son sa guitare : “Il médium”.
extrait du film
Bien que nous soyons en 1965, et que la couleur s’imposait dans le film fantastique italien, la photographie ici en noir et blanc nous la devons à Mario Parapetti qui s’illustra comme chef opérateur dans la série “B” du film d’aventure comme “Les nouvelles aventures d’Ali Baba”(1964), “Tarzan contre les hommes léopards” (1964), “La forêt pétrifiée” (1965). Il contribua aussi dans le western européen avec “3 winchesters pour Ringo” (1967) “Django le taciturne” (1967).
photo collection eric escofier
Collection Eric Escofier
photo collection eric escofier
photo collection eric escofier
photo collection eric escofier
Dans le "Midi Minuit Fantastique " N° 15-16 on pouvait lire la critique de Jean Claude Rohmer : "Hélas, malgré ses bonnes intentions, "Le monstre de Venise" de Dino Tavella se situe aux antipodes d'un Freda ou d'un Bava. Il se range aux côtés du "Monstre aux yeux verts" ou de "La crypte du vampire". Réalisé avec une grande économie de moyens et de talents, le spectateur attentif pourra constater les allées et venues du monstre à travers un reportage de documentaires sur la ville de Venise. La séquence finale de la poursuite du tueur par l'inévitable jeune premier tout au long des salles souterraines peuplées de momies encapuchonnées et grimaçantes, éveillera le spectateur d'un semblant d'intérêt que la révélation inattendue du monstre ne parviendra pas à ranimer..."
“Le monstre de Venise” est un film d’épouvante qui sort des sentiers battus du traditionnel film gothique. L’oeuvre a un côté charmeur avec entre deux séquences de terreur, on revient sur une promenade en gondole ou au son d’une guitare dans un cabaret…. Le film de Dino Tavella fit les délices des spectateurs ferus de ce genre aux cinémas : “Le midi Minuit” et le “Colorado” à Paris. A Nice, il fut projeté au “Capitole à Nice.
ERIC ESCOFIER
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