Cinéma Italien

THE VAMPIRE AND THE BALLERINA

Alors que sort le “Masque du démon” sur les écrans italiens, un autre film gothique voit la lumière du jour la même année ...

par monstres_de_la_nuit@hotmail.fr
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Alors que sort le “Masque du démon” sur les écrans italiens, un autre film gothique voit la lumière du jour la même année sous la direction de Renato Polselli “La maîtresse du vampire” (“L’amanto del vampiro” - “The vampire and the ballerina) Ce dernier, producteur, réalisateur et scénariste (26 février 1922 à Rome - mort le 1er octobre 2006 à Rome) met en scène son premier film fantastique en co écrivant le scénario avec deux autres personnages : Giuseppe Pellegrini, un réalisateur et scénariste qui travaillera par la suite avec Polselli pour “L’orgie des vampires”, (1964) et “Aux mains des S.S.” en 1961. Le troisième n’est autre que l’immense Ernesto Gastaldi qui signe ici sa première incursion dans le domaine du cinéma fantastique.  Celui-ci mettra un certain temps à s’associer avec les deux autres hommes, on ne sait trop pourquoi! C’est après une longue discussion dans un bar situé dans la ville de Catania que Gastaldi accepte de travailler moyennant un salaire de 50.000 lires. 

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L’originalité de l’histoire ²de “La maîtresse du vampire” ouvre la porte à un nouveau shéma dans l’histoire du vampirisme transalpin : l’arrivée de jeunes ballerines où de comédiennes dans des lieux maudits, comme c’est le cas ici avec cette contrée terrorisée par la présence d’un vampire, un château avec “Des filles pour un vampire” ou un théâtre avec “L’orgie des vampires” de Polselli. 

Pour la “Maîtresse du vampire”, ce sont deux jeunes filles appartenant à un corps de ballet venu répéter dans une maison austère à la campagne, vont devenir la proie d’un couple de vampires. 

trailer americain


Le scénario s’appuie sur un triumvirat composé par la Comtesse Alda, de Fran cesca et de Luisa. Tous les trois exsudent une beauté charnelle incomparable. La Comtesse Alda campée par Maria Luisa Rolando do,nt la poitrine altière n’a rien à envier à celles des actrices mexicaines Lorena Velasquez et Ophelia Montesco.  D’origine italienne, elle débuta au cinéma en 1956 dans “Mio figlio Nerone” avec Alberto Sordi. “La maîtresse du vampire” restera son unique film dans le domaine de l’épouvante. Dans son apparat de Comtesse, elle apparaît éblouissante, vénéneuse et troublante. En femme vampire vieille de 400. ans, elle vit un amour à la fois haineux et fusionnel avec son serviteur Herman.

Dans le rôle de Luisa, l’actrice française Hélène Rémi dont le premier film fut “Rendez-vous de Juillet” de Jacques Becker en 1949. Après avoir travaillé sous la direction de Jean Pierre Melville, Henri Decoin et Maurice Cloche, elle émigrer en Italie où elle jouera sous la direction de Domenico Paella et Giacomo Gentillomo. Sa dernière apparition sera en 1970 dans “Borsalino” de Jacques Deray. A ses côtés, l’actrice italienne Tina Gloriani, diplômée en philosophie, sculptrice et artiste peintre, elle a suivi durant sa jeunesse des cours de théâtre au Centro Spérimentale di Cinematographia à Rome. Au cinéma elle fait ses premières armes dans “La porta dei sogni” (1955) d’Angelo Allessandro. Une carrière cinématographique très courte qui s’achèvera en 1963 où on pourra la voir dans “Les amours d’Hercule” (1960), “Mon ami Jekyll” (1962). Ici dans “La maîtresse du vampire", elle joue le rôle de Francesca une des ballerines qui sera sauvée des griffes des deux vampires. 


Au beau milieu de ce charnier féminin, il y a le bellâtre Walter Brandi dans la peau du serviteur Herman. A cette époque, il s’imposait comme un adversaire potentiel de Christopher Lee. En effet, le temps de deux films, Walter Brandi va incarner un non mort des plus acceptables, apportant ainsi un nouveau visage aux films consacrés au vampirisme. Après “La maîtresse du vampire”, on le retrouve dans la peau du Comte Gabor Kernassy dans le film  de PieroRignoli : “Des filles pour un vampire” en 1961. De son vrai nom Walter Bigari (28 mai 1929 à Pergola - 28 mai 1996 à Rome) il débute en 1951 dans “Messaline” de Carmine Gallone. Dans le cinéma fantastique il devient un star populaire en jouant auprès de Renato Polseli, Roberto Mauri, Massimo Pupillo. Il fera une courte apparition dans “L’orgie des vampires”. Il déclarait en 1983 lors d’un festival en Italie lors d’une de mes interviews : “Je ne m‘intéressais aucunement au scénario du film, je jouais mon rôle sans plus. Mais ce qui m’attirait dans ce genre de production, c’était le casting composé de jeunes actrices alors inconnues, que je faisais tomber sous mon charmes” (rires…)

Ici son rôle de vampire marquera l’histoire du cinéma fantastique transalpin il restera l’un des premiers vampires à porter des dents longues en Italie! Son maquillage terrifiant sera confectionné à partir de plastique et de caoutchouc.  On ressent dans l'œuvre des relents des films de la Hammer. On retrouve les relations identiques entre Herman et la comtesse Alda à celles du Baron Meinster et de sa mère dans “Les maîtresses de Dracula” de Terence Fisher tourné la même année. Herman est à la fois le valet, l’esclave et l’amoureux de la comtesse faisant ainsi éclore un climat malsain où la perversité et le sado masochisme prévalent entre les deux vampires ! A signaler que la séquence finale rend un hommage au “Cauchemar de Dracula” où Herman redevient poussière dès les premiers rayons de soleil !

EXTRAIT DU


Si l’on se tourne vers le côté technique, on pourra apprécier la très belle photographie d’Angelo Baistrochi  avec ce fabuleux noir et blanc reflétant ainsi la grande période du film d’horreur transalpin. Vient s’ajouter la sublime partition d’Algo Piga. Compositeur fortement influencé par la musique de Jazz et le classique, il bifurqua vers la musique du film en composant : “La corona di fuoco” (1961), “Le triomphe de Robin des Bois” (1962 . Dans le genre fantastique : “Le massacre des vampires” et “L’orgie des vampires”. Ici il signe un score très angoissant et inquiétant qui s’harmonise avec l’histoire du film. On retrouvera le thème principal dans deus autres films : “Des filles pour un vampire” et “Le cimetière des morts vivants”. 

condensé du film en super 8mm mut 60 mètres. Année 1983


Le film fut tourné en 1959 en plein hiver au château d’Arténa qui appartenait au Prince Borghèse avec des heures de tournage qui débutait à 8 heures du matin pour s’achever à minuit ! Les squelettes qui ornent la crypte du vampire sont véritables . Le manager de la production, Humberto Borsato, amèna Renato Polseli chez un gardien de cimetière qu’il connaissait. Ce dernier lui proposa la vente d’un squelette pour 300.000 lires ! Polseli s’écria : “Mais c’est trop cher”. Le gardien lui répondit qu’il  avait les dents en or…

Collection Eric escofier


                                                                ERIC ESCOFIER



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