Cinéma Américain

LE CORBEAU

Edgar Allan Poe écrit ce poème qui paraît le 29 janvier 1845 dans le "New York Evening Mirror", racontant l'histoire d'une mystérieuse visite que reçoit le narrateur, pleurant la mort de son amour : Léonore". Ce visiteur n'est autre qu'un corbeau qui juché sur une armoire, ne cesse de répéter inlassablement : "jamais plus".

par monstres_de_la_nuit@hotmail.fr
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Edgar Allan Poe écrit ce poème qui paraît le 29 janvier 1845 dans le "New York Evening Mirror", racontant l'histoire d'une mystérieuse visite que reçoit le narrateur, pleurant la mort de son amour : Léonore". Ce visiteur n'est autre qu'un corbeau juché sur une armoire, ne cessant de répéter inlassablement : "jamais plus". Pour son film, Roger Corman ne prendra que le fil conducteur du poème, faisant de son film une parodie fantastique loufoque en employant les trois comédiens de l'univers de la terreur : Vincent Price, Boris Karloff et Peter Lorre. Pour son 5ᵉ film consacré à l'univers d'Edgar Allan Poe, Corman demande à Richard Matheson (20 janvier 1926 – 23 juin 2013) d'en écrire le scénario. Celui-ci a derrière lui quelques belles lettres de noblesse avec des scripts qu'il a apportés au 7ᵉ. art : "I am a legend", "The Incredible Shrinking Man", "Fall of Usher", "Master of the World", "The Pit and the Pendulum", "Tales of Terror", "Devil's Ride Out", "Quelque part dans la nuit", "Les dents de la mer n° 3".

TRAILER AMERICAIN

,,Richard Matheson écrit un scénario qui à travers une ambiance gothique, verse dans le burlesque. Avec un budget de 350 000 $, Roger Corman réalise un film divertissant où les gags visuels seront les atouts majeurs, laissant ainsi à ce triumvirat le soin de s'amuser comme des enfants. Au début du film, Vincent Price déclame quelques versets du poème de Poe, inconsolable depuis la perte de son épouse Léonore, disparue depuis deux ans. Mais voilà qu'il reçoit la visite d'un corbeau doué de la parole, lui demandant de l'aide. En réalité, l'oiseau n'est autre que le docteur Bedlo transformé par un maître de la sorcellerie : le docteur Scarabus. À partir de cet instant, la comédie bat son plein, surtout lorsque l'oiseau assoiffé de vin, exhorte Vincent Price à lui redonner son aspect normal par le biais d'une tisane composée de sang de chauve-souris, de maillons d'une chaîne de forçat, d'araignées en gelée, de cheveux d'homme mort, de graisse de lapin et d'une langue de vautour!

À cet instant, l'œuvre de Roger Corlan n'a plus grand-chose à avoir avec le poème d'E.A.Poe, laissant nos trois compères faire de ce film une comédie loufoque où le cabotinage excelle à travers les dialogues. Les effets spéciaux sont réussis tandis que nos trois compères sont à la fois drôles, démentiels, cruels et obséquieux ! Peter Lorre est le plus sérieux de ses deux partenaires dans le rôle du docteur Bedlo face à un Vincent Price dont les tics et les grimaces s'associent avec un jeu de scène théâtral, tandis que Boris Karloff avec sa voix mielleuse et ses zézaiements, reste le maître d'une cérémonie à la fois macabre et joyeuse. Ajoutons la sensuelle Hazel Court dans e rôle de Léonore. Véritable sex-appeal du cinéma fantastique, cette actrice d'origine anglaise

photo collection eric escofier

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née le 10 février 1926 (décédée le 25 avril 3008), elle étudie l'art dramatique au Birmingham Repertory Théâtre tout en posant comme top modèle dans des revues. C'est le réalisateur Anthony Asquith qui la remarque alors qu'elle n'avait que 16 ans pour lui donner un rôle dans "Champagne Charly".

HAZEL COURT

Elle obtiendra un "British Award" pour son interprétation d'une jeune fille paralysée dans "Carnival". Dans le cinéma fantastique, elle débute en 1957 dans "Frankenstein s'est échappé " de Terence Fisher accompagnée de sa fille Sally Walsh, puisqu'elle sera l'épouse de l'acteur Dermot Walsh. Puis elle est au générique de "L'homme qui trompait la mort" en 1961 de T. Fisher. Elle deviendra l'égérie de Roger Corman qui l'emploiera pour 3 films : "L'enterré vivant" en 1962, "Le corbeau" en 1963 et" Le masque de la mort rouge" en 1964. En 1952, elle joue dans un film de science-fiction de David McDonald : "Devil's Girl from Mars". Ici, elle incarne Léonore Craven, épouse infidèle qui est devenue la maîtresse de Scarabus pour ses richesses et son pouvoir magique. On l'appréciera dans son rôle de femme dévergondée arborant un décolleté laissant apparaître sa poitrine généreuse....

Dans le rôle d'Estelle Craven, c'est la piètre et insignifiante Olive Sturgess (8 octobre 1933 - 19 février 2025), actrice d'origine canadienne dont la filmographie se bornera à 3 films . Elle se tournera vers la télévision en étant l'invitée pour des séries : "Rahwide", "Annie agent très spécial", "Le Virginien", Bonanza".

OLOVE STURGESS


Il est le fils du Docteur Bedlo, un tantinet abrutif et doté d'un jeu de scène inexpressif, Jack Nicholson (22 avril 1933 ) débute au cinéma en 1958 dans le film de Juss Ardiss : "The cry baby killer". C'est Roger Corman qui lui donnera un petit rôle dans son film : "La petite boutique des horreurs" en 1960. Sa carrière explosera dans les années à venir où il se spécialisera dans des rôles de personnages névrosés.

La séquence du spectateur

AUTOUR DU FILM

Samuel Z. Arkoff et James H. Nicholson : "Nous avons produit le "Corbeau" pour amuser le public. Il est vrai que Richard Matheson notre scénariste, n'a pris du poème d'E. A. Poe qu'une infime partie pour en faire après une œuvre particulièrement colorée, avec un duel final entre deux sorciers des plus réussis. Vincent Price était un personne sophistiquée qui avait le sens de l'humour et il était sujet à lire son texte tel qu'il était écrit. Boris Karloff représentait le commerçant méticuleux qui mémorisait son texte à la perfection sans oublier une ligne. Peter Lorre n'apprenait guère son texte et son jeu de scène allait vers l'improvisation".

Hazel Court : " Peter ne savait jamais son texte par cœur, ce qui énervait parfois Boris Karloff. C'était un homme extrêmement gentil , courtois qui avait un certain charme, mais durant le tournage il n'était pas très bien, son cœur était malade, une hypertension élevée, il transpirait souvent et ses yeux étaient très larmoyants".

Vincent Price : "Le duel final fut extrêmement pénible pour moi. J'avais une répulsion envers les serpents! Boris était supposé transformer mon écharpe en un serpent qui devait s'enrouler autour de mon cou! Roger Corman avait engagé un dresseur de serpent pour cette occasion qui me certifia que c'était un boa apprivoisé et qu'il était incapable de mordre...La bête était supposée s'enrouler autour de mon cou, une attente qui dura une heure et demie afin que celle-ci puisse se mouvoir correctement....

photo collection eric escofier

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"Le corbeau" fut tourné en 15 jours avec un budget de 200 000 $. Corman réutilisera les décors pour son film "The Terror" avec Boris Karloff et Jack Nicholson, tourné la même année. Si le film ne fut pas une réussite, il vaut son pesant d'or pour la réussite des effets spéciaux due à Pat Dinga.

Ken film distribua un court extrait en 8mm muet noir et blanc et en super 8mm couleur sonore comprenant la séquence finale entre Boris Karloff et Vincent Price.

ARCHIVE ERIC ESCOFIER


ERIC ESCOFIER





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