THE BRIDE OF DRACULA
En 1959, les dirigeants de la Hammer Films décidèrent de tourner une suite du "Cauchemar de Dracula" avec bien entendu C. Lee comme vedette...

En 1959, les dirigeants de la Hammer Films décidèrent de tourner une suite du "Cauchemar de Dracula" avec bien entendu C. Lee comme vedette. Mais celui-ci refuse, on ne sait pourquoi et part tourner en Italie, une comédie fantastique "Les temps sont durs pour les vampires" avec S. Koscina. Certainement, le comte était mort, et il fallait le faire ressusciter. Jimmy Sangster écrit une histoire baptisée "Les disciples de Dracula", où le héros, un certain Latour combattait le baron Meinster, disciple de Dracula ! Au final, le héros invoquait les forces du mal de Dracula qui anéantissaient son propre maître !
Le script est alors refusé par Anthony Hinds. Une seconde histoire est imaginée par Peter Bryant (le scénariste du "Chien des Baskerville) intitulée "Les maîtresses de Dracula". Elle remet au goût du jour le personnage de Latour avec comme introduction, une séquence pré-générique où le héros devait, d'un coup de pelle, trancher la tête du vampire à l'intérieur du cercueil ! Cette idée abandonnée pour le film sera reprise pour une autre production de la Hammer : "Le baiser du vampire" de Don Sharp en 1962 . Dans son script, Peter Bryant occultait le personnage de Dracula et mettait en place une horde chauves souris maléfiques qui affronteraient le professeur Van Helsing !
Collection Eric escofier
Cette même année, Anthony Hinds adresse une copie de ce script à Peter Cushing, car la Hammer l'avait déjà choisi pour incarne le rôle titre tout comme Terence Fisher à la réalisation ! A la lecture, Peter n'est pas séduit par cette histoire, aussi Hinds décide de s'adresser à un troisième scénariste, Edward Percy, un homme d'un certain âge, auteur dramatique ayant appartenu à la vieille école ! Une réunion sera organisée regroupant les trois hommes ! Un script final est bouclé et l'idée de la découverte d'un manuscrit par Van Helsing qui détruirait les vampires par une attaque de chauves souris sera mise de côté et réemployée pour "Le baiser du vampire". Pour succéder à Christopher Lee, la Hammer Films engage David Peal, un acteur de théâtre ayant appartenu au Shakespeare Mémorial Théâtre de 1945 à 1949 et qui venait de jouer dans quelques seconds rôles, au cinéma. Enchanté, ce dernier accepte de jouer ce rôle assez inattendu dans son registre et rendons à César ce qui est à César, son interprétation du Baron Meinster est fort acceptable et je dirai que par moment, il est supérieur à C. Lee. Nanti d'une tignasse blonde qui par moment le rend un peu efféminé (n'oublions pas qu'il était homosexuel et à cette époque le sujet était tabou), David Peal rentrera dans le muséum des vampires du cinéma brittanique.
Collection Eric escofier
Collection Eric escofier
C'est l'actrice française Yvonne Monlaur qui avait débuté dans la comédie de Maurice Regamaey : "Honoré de Marseille" avec Fernandel, qui jouera le rôle de la jeune institutrice Marianne. Elle fut choisie par rapport au film de Sidney Hayers : "Le cirque des hiorreurs" avec Anton Diffring. Malgré son accent anglais déplorable, Yvonne Monlaur restera la femme "glamour" de la Hammer Films.
Yvonne Monlaur (interview) : "C'est avec une certaine joie, et avec fierté, que j'acceptais le rôle de Marianne. J'avais enfin une chance d'entrer chez la Hammer. Cependant, je parlais très mal l'anglais, mais les dirigeants ne furent pas trop difficiles en entendant mon accent français... Terence Fisher était un homme charmant et dirigeait avec calme et fermeté ! Je me souviens qu'entre les pauses, on riait beaucoup en buvant des tasses de thé"...
trailer anglais
"Mais le summum pour moi, fut de rencontrer Peter Cushing, un vrai gentleman dans toute sa splendeur, un grand acteur. Comme j'étais de descendance russe, je lui apprenais à parler la langue et ça l'amusait beaucoup ! J'ai toujours gardé ce cache-nez mauve qu'il m'avait offert et qui restera pour moi comme une sorte de talisman. David Peal était un homme renfermé. J'étais en admiration devant son impeccable diction qui lui venait du théâtre. Après ce film, il retourna à ses premiers amours avant de devenir antiquaire ! Je fus aussi impressionné par l'actrice Martita Hunt qui joue la baronne. Elle venait très tôt le matin et s'envoyait une série de verre de vin chaud...L'œuvre de Terence Fisher donne la part belle à Peter Cushing dans une interprétation surpassant celle du "Cauchemar de Dracula". Tout comme le précédent opus, il n'apparaît qu'après la deuxième bobine du film et il est vrai que l'on a hâte de le voir arriver ! Dans "Le cauchemar de Dracula", on avait affaire à un Van Helsing plus posé et mettant tout son savoir afin d'éliminer le comte Dracula ! Ici, dans ce second volet, qui n'est pas une suite directe du précédent film, Ven Helsing se retrouve face à pandémie de vampires encore plus nocifs. Il va falloir tout son courage, sa force et son savoir pour anéantir un disciple de Dracula qui a contaminé sa mère, sa servante et quelques écolières ! Pour une fois, il va être contaminé et on assistera à une séquence dramatique où pour se cautériser sa plaie, il s'asperge d'eau bénite et applique contre sa peau, un fer rouge incandescent !












Peter Cushing interview 1973 : "J'étais à la fois heureux et angoissé de reprendre ce rôle qui avait séduit le public. Au début je n'étais pas d'accord sur le script dans la mesure où je devais invoquer les forces du mal, afin de détruire le vampire en utilisant une horde chauves souris... Ces dernières furent remplacées par de l'eau bénite que je lançais à la figure du baron Meinster . Une seule ombre au tableau : Sidney Pearson spécialiste des effets spéciaux (responsable de la décomposition de C.Lee dans le "Cauchemar de Dracula") ne fut pas très à la hauteur, puisqu'à la fin du film, il ne montra aucune transformation...Je dirai tout le bien sur l'acteur David Peal, un nouveau descendant de "Dracula". Aristocratique hautain, il possède un certain charisme dans le domaine d'envouter ses victimes et dans certaines séquences, il est assez inquiétant. Il est entouré par Martita Hunt qui joue sa mère et de sa gouvernante Greta qui prend une certaine joie macabre à faire sortit les morts de la terre... Le film vaut aussi par la présence de Miles Malleson (le directeur des pompes funèbres dans "Le cauchemar de Dracula" et le vicaire dans "Le chien des Baskerville") ici dans la peau d'un docteur hypocondriaque, dont les facéties semblent amuser Peter Cushing.... Outre la divine présence de l'actrice Yvonne Monlaur, Andrée Melly (gina, l'écolière) la sœur du musicien de jazz George Melly et la talentueuse Marie Devereux, une actrice qui débuta en 1948. Elle fut remarquée par sa volumineuse poitrine dans "Les étrangleurs de Bombay" de Terence Fisher en 1959. Agée de 20 ans, la Hammer Films exploita ses "gros seins" pour l'exhiber sur des photos publicitaires.
extrait du film
L'avant-première des "Maîtresses de Dracula" eut lieue le 7 juillet 1960 au cinéma "Odeon" et malheureusement les critiques ne furent pas bonnes, surtout celles du "Monthly Film Bulletin" et du New Yok Time qui écrivait : "rien de nouveau et d'imaginatif dans ce film".
Collection Eric escofier
Collection Eric escofier
Il n'empêche que le film de Terence Fisher est un petit bijou dans le thème du vampirisme et à travers un casting de choix, on retrouve l'excellente photographie criarde de Jack Asher, les décors gothiques orchestrés de main de maître par Bernard Robinson, et la surprenante musique de Malcom Williamson qui travaillera pour la Hammer Films par la suite en créant les bandes sonores de "Les horreurs de Frankenstein" de Jimmy Snagster en 1970 et "Le mannequin défiguré" (1970) d'Alan Gibson. ERIC ESCOFIER
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